Accrochage d’hiver | Galerie Denise René

Josef Albers, Jean Arp, Olle Baertling, Geneviève Claisse, Cicero Dias, Sonia Delaunay, Jean Dewasne, Robert Jacobsen, André Heurtaux, Horacio Garcia Rossi, Lajos Kassak, Julio Le Parc, Richard Mortensen, Henryk Stazewski, Joël Stein, Gregorio Vardanega

25/1 – 24/3 2018

Galerie Denise René | Paris | France

L’exposition réunit un ensemble d’œuvres d’artistes dont les pratiques s’inscrivent dans les trajectoires majeures de l’abstraction géométrique, du constructivisme et des recherches optiques du XXᵉ siècle. Cette sélection met en regard des positions historiques et des développements formels qui ont marqué la pensée visuelle moderne.
Parmi les figures présentées, Josef Albers représente une approche systématique de la couleur et de la perception. Son travail explore les interactions chromatiques à travers des séries structurées, démontrant comment de simples variations de teintes modifient notre lecture des formes et de la profondeur.
Jean Arp, à la croisée de l’abstraction biomorphique et de l’automatisme, introduit une organisation des formes fondée sur des oppositions rythmiques et des équilibres intuitifs. Son travail relie la géométrie à des processus de création organique, élargissant le champ de l’abstraction au-delà de la seule logique formelle.
Olle Baertling et Geneviève Claisse s’inscrivent dans une abstraction plus rigoureuse, où la géométrie est envisagée comme structure pure. Baertling développe des formes obliques et des compositions dynamiques, tandis que Claisse approfondit les relations entre lignes, surfaces et tensions spatiales.
Cicero Dias et Sonia Delaunay introduisent des configurations colorées qui prennent appui sur la simultanéité et la modulation chromatique. Le travail de Delaunay, en particulier, articule couleur et mouvement, établissant des correspondances entre l’abstraction et des expériences perceptives élargies.
Jean Dewasne et Richard Mortensen explorent des systèmes de formes disciplinées, caractérisés par une économie de moyens et une organisation constructive. Leurs compositions s’appuient sur des structures modulaires et une logique spatiale qui relient la peinture à des principes quasi architecturaux.
Robert Jacobsen et André Heurtaux développent des vocabularies sculpturaux et picturaux qui investiguent la matérialité des surfaces et des volumes. L’attention portée à l’objet et à la forme offre une lecture tridimensionnelle de l’abstraction, où la perception se déploie dans l’espace du regardeur.
Horacio Garcia Rossi et Julio Le Parc incarnent des explorations cinétiques et optiques. Leurs œuvres engagent le mouvement et la perception en tant que forces actives, faisant de la surface une scène de transformation visuelle continue.
Lajos Kassák, Henryk Stazewski, Joël Stein et Gregorio Vardanega inscrivent leurs démarches dans des contextes historiques variés mais convergents autour de l’abstraction rationnelle et du constructivisme. Kassák et Stazewski articulent des structures géométriques sommaires, alors que Vardanega et Stein interrogent la relation entre forme, lumière et espace, prolongeant des recherches sur la simultanéité et les interactions perceptives.
L’ensemble de cette exposition met en lumière la diversité des approches géométriques et constructives au XXᵉ siècle, soulignant des dialogues formels entre couleur, ligne, forme et perception. La confrontation de ces œuvres invite à repenser l’abstraction non comme langage unifié, mais comme ensemble de stratégies visuelles permettant de penser la forme dans ses dimensions conceptuelles et sensorielles.