Plans, espaces, couleurs

Delnau, Jean Gorin, François Mangeol, Marino di Teana, Anna Mark, Marcello Morandini, Mitsouko Mori, Prospero Moryusef, Pascal Proust, Inaki Ruiz de Eguino, Philippe Vacher.

15/6 – 22/9 2019

Curator | Bernard Fauchille

Musée de Beaux-Arts Ville de Bernay | France

Voici une présentation développée de l’exposition Plans, espaces, couleurs (exposition collective autour de l’abstraction géométrique et de la construction plastique), rédigée en français, sans mentions de l’institution hôte en ouverture ni de références externes visibles, avec un texte continu et fluide, mettant en lumière des artistes et leurs approches.
Plans, espaces, couleurs explore la manière dont artistes contemporains conjuguent lignes, surfaces et chromatisme pour repenser la géométrie comme langage plastique vivant. La proposition ne se limite pas à une simple juxtaposition d’œuvres : elle met en regard des pratiques variées issues de générations et de traditions différentes, unies par la conviction que l’abstraction géométrique permet d’engager une réflexion profonde sur l’espace et la perception visuelle.
Au cœur de cette exposition, on découvre des compositions où le plan pictural est déployé comme un véritable terrain d’investigation. Les artistes présents explorent les rapports entre formes géométriques et dynamique des espaces, l’impact des couleurs sur la lecture des volumes, et la manière dont des structures apparemment rigides peuvent entrer en résonance avec des sensations de mouvement, de profondeur et de légèreté.
Parmi les artistes représentés, certains travaillent sur des séries de canevas géométriques, où chaque forme est pensée comme un module de pensée visuelle, articulé à une grille rigoureuse qui génère des interactions complexes entre couleur et structure. D’autres créent des pièces sur papier ou sur toile qui soulignent les effets de répétition et de variation, démontrant la puissance expressive des éléments les plus simples — lignes, rectangles, champs colorés — lorsque ceux-ci sont répétés, modulés ou juxtaposés avec précision.
Dans plusieurs des œuvres exposées, la couleur ne se contente pas d’être un simple attribut décoratif : elle devient un agent structurant, capable de modifier l’espace visuel et d’instaurer des tensions entre premier plan et arrière-plan, entre surfaces planes et formes volumétriques implicites. Ce dialogue entre couleur et forme, loin d’être purement formel, engage une expérience sensorielle directe : l’œil du spectateur devient un outil de mesure, capable de percevoir des rythmes, des vibrations et des accords chromatiques qui dépassent la simple géométrie.
Plusieurs créateurs présents ont également recours à des matériaux ou des formats hybrides : certaines pièces utilisent la peinture comme point de départ pour susciter des effets d’optique ou des impressions de profondeur ; d’autres misent sur les contrastes entre commandes strictement géométriques et interventions intuitives, créant des tensions fertiles qui invitent à repenser la place du hasard et de la décision dans l’abstraction.
L’exposition met ainsi en évidence la diversité des chemins possibles à l’intérieur d’un même vocabulaire : la géométrie n’est pas ici un carcan, mais un terrain de jeu et de pensée où se croisent des approches conceptuelles rigoureuses et des intuitions esthétiques personnelles. Les œuvres montrent comment une langue visuelle apparemment minimale peut, par son agencement, ouvrir des univers sensibles insoupçonnés, témoignant de la vitalité de ce champ de création et de son actualité.
Plans, espaces, couleurs invite donc à une contemplation attentive, où chaque pièce, par ses choix de lignes, de surfaces et de couleurs, engage un dialogue avec le regardeur et avec les autres œuvres, révélant une géométrie vivante, ouverte et poétique.